Série d’analyses : Eagle Football Group – Olympique Lyonnais (2024-2025) – traduction française

Eagle Football Group (anciennement connu sous le nom d’OL Groupe) est une société holding française qui possède et gère l’Olympique Lyonnais.

Le Document d’Enregistrement Universel

Cette analyse examine les comptes consolidés au 30 juin 2025, en évaluant le compte de résultat, le bilan et le tableau des flux de trésorerie, tout en rapprochant ces chiffres avec la situation postérieure à l’effondrement du bilan et à la mise sous administration de la société holding en mars 2026. L’objectif principal de cette enquête est l’insolvabilité structurelle de l’entité, le recours à l’ingénierie financière pour contourner la surveillance réglementaire et la désintégration éventuelle des relations entre l’actionnaire majoritaire, les créanciers institutionnels et le conseil d’administration.

Analyse du compte de résultat

Le compte de résultat consolidé pour la période se terminant le 30 juin 2025 reflète une institution en grande difficulté opérationnelle, caractérisée par une perte nette considérable (part du Groupe) de 201,2 millions d’euros.

Ce résultat fait suite à une perte de 25,2 millions d’euros l’année précédente, signe d’une accélération rapide de l’instabilité financière. La réalité du compte de résultat est que les activités principales du Groupe – billetterie, sponsoring et droits médias – ne suffisent plus à couvrir ses coûts fixes, rendant l’entité entièrement dépendante du marché volatil des transferts de joueurs et des injections de fonds d’urgence des actionnaires.

effondrement des revenus d’exploitation et des droits médiatiques

Le chiffre d’affaires opérationnel total, que le Groupe classe en produits des activités, s’est établi à 273,7 millions d’euros, soit une baisse de 24 % par rapport aux 361,4 millions d’euros enregistrés lors de l’exercice précédent. Toutefois, un ajustement s’impose pour comprendre la tendance sous-jacente : les chiffres de 2023/2024 ont été artificiellement gonflés de 76,9 millions d’euros au titre d’éléments non récurrents.

Ces montants comprenaient la dernière tranche de 50 millions d’euros de l’investissement de CVC Capital Partners (via la filiale commerciale LFP) et des frais de licence de marque uniques de 26,9 millions d’euros payés par OL Féminin, désormais indépendant.

Catégorie de revenus (en M€) 30/06/2025 30/06/2024 Variance absolue Variance en pourcentage
Billetterie (Ligue 1) 35.1 33,7 +1,4 +4%
Billetterie (Compétitions européennes) 7.7 0,3 +7,4 NM
Droits médias (LFP/FFF) 22,8 94,6 -71,8 -76%
Droits médias (UEFA) 22.9 0,8 +22,1 NM
Sponsorisation et publicité 30,9 37.1 -6.2 -17%
Produits liés à la marque (Merchandising) 12,5 12.7 -0,1 -1%
Autres revenus de marque (licences) 11.9 41,7 -29,8 -71%
Événements et séminaires 18.7 43,4 -24,7 -57%
Sous-total (hors transferts de joueurs) 162,6 264.1 -101,5 -38%
Produit de la cession des joueurs 111.1 97,3 +13,8 +14%
Revenu total (IAP) 273,7 361,4 -87,7 -24%

 

L’effondrement de LFP Media Rights (-76 %) constitue un point de défaillance critique. Si une baisse de 50 millions d’euros était attendue suite à l’épuisement de l’aide de la CVC, le solde restant reflète l’issue désastreuse du cycle de diffusion national 2024-2029. L’accord initial avec DAZN et beIN Sports a généré des rendements nettement inférieurs aux prévisions, situation qui s’est aggravée lorsque DAZN a exercé sa clause de sortie anticipée en juin 2025.

Le Groupe a tenté d’atténuer ce problème en lançant sa propre plateforme Ligue 1+, mais la LFP prévoit que les deux premières années de ce modèle seront financièrement difficiles, toute montée en puissance progressive ultérieure intervenant trop tard pour satisfaire aux obligations de dette actuelles.

Le retour en Ligue Europa a constitué un soutien essentiel, mais insuffisant, générant 22,9 millions d’euros de droits médias et 7,7 millions d’euros de recettes de billetterie. L’analyse du segment Événements révèle une baisse de 57 %, principalement due à la déconsolidation de la LDLC Arena (vendue en juin 2024) et à l’absence d’événements à forte marge comme la Coupe du monde de rugby 2023.

Dépenses opérationnelles

L’EBITDA du Groupe (Excédent Brut d’Exploitation) s’est effondré, passant de 44,2 millions d’euros en 2024 à 47,7 millions d’euros en 2025. Cette chute de 91,9 millions d’euros est le principal indicateur d’insolvabilité structurelle.

L’analyse des coûts révèle que la direction n’a pas respecté la rigueur financière promise publiquement à la DNCG. Les charges de personnel ont bondi de 10 % pour atteindre 177,7 millions d’euros. Cette situation est particulièrement alarmante au regard du chiffre d’affaires : la masse salariale représente désormais 109 % du chiffre d’affaires total, hors transferts de joueurs. Cette hausse s’explique principalement par le mercato estival 2024, durant lequel un recrutement agressif a alourdi la masse salariale de l’équipe professionnelle de 34,1 millions d’euros. Cette augmentation n’a été que partiellement compensée par une réduction de 8,3 millions d’euros des frais administratifs et par la suppression de la masse salariale de l’équipe féminine.

Analyse des charges d’exploitation (en M€) 30/06/2025 30/06/2024 Variance % Changement
Frais et achats externes 95,8 125,8 -30,0 -24%
Impôts et droits 8.0 8.1 -0,1 -1%
Coûts du personnel 177,7 161,9 +15,8 +10%
Amortissement (Contrats des joueurs) 70,8 31,8 +39,0 +122%
Amortissement (Autres immobilisations) 20.4 24.3 -3,9 -16%
Autres résultats d’exploitation -11,9 38,5 -50,4 NM

 

Le compte de résultat est encore alourdi par une forte hausse de l’amortissement des contrats de joueurs, qui a bondi de 122 % pour atteindre 70,8 millions d’euros. Il s’agit d’une conséquence comptable du modèle de dépenses importantes adopté par John Textor lors du rachat du club, engendrant une charge non monétaire considérable qui persistera jusqu’à l’expiration ou la cession de ces contrats.

Évaluation des autres éléments d’exploitation

Le Groupe a enregistré une perte de 11,9 millions d’euros au titre des « Autres produits et charges d’exploitation », un net renversement de situation par rapport au bénéfice de 38,5 millions d’euros de l’exercice précédent. Ce poste budgétaire révèle des éléments cruciaux illustrant les pressions réglementaires et juridiques auxquelles le club est confronté.

  1. Règlement de l’UEFA :Une charge de 12,5 millions d’euros a été comptabilisée suite à un accord conclu avec l’Instance de contrôle financier des clubs de l’UEFA (ICFC) pour non-respect des exigences de stabilité durant la période de suivi 2024/2025. Cet accord prévoit des pénalités conditionnelles pouvant atteindre 37,5 millions d’euros si le Groupe ne parvient pas à l’équilibre financier d’ici 2028.
  2. Les droits économiques de Botafogo :Une perte de 0,3 million d’euros a été enregistrée lors de la cession des droits économiques de joueurs acquis auprès de SAF Botafogo puis revendus à cette dernière. Ce mécanisme de « transfert fictif » constitue un point de divergence majeur qui sera analysé plus loin dans ce rapport.
  3. Gain chez les femmes OL :Un gain comptable de 8 millions d’euros a été constaté lors de la déconsolidation finale de l’équipe féminine en décembre 2024.

Le résultat net de ces dynamiques est un Résultat Opérationnel (EBIT) négatif de 150,7 millions d’euros, représentant une marge de perte de 55 % sur le chiffre d’affaires total.

Bilan:

Au 30 juin 2025, le bilan consolidé d’Eagle Football Group fait apparaître une situation d’insolvabilité technique. Les capitaux propres (y compris les participations minoritaires) ont chuté à -163,6 millions d’euros, soit une détérioration de plus de 200 millions d’euros en une seule année.

1. Concentration des actifs et risques d’évaluation

L’actif total du Groupe s’élève à 800,1 millions d’euros, mais la composition de cet actif révèle une extrême illiquidité.

Catégorie d’actif (en M€) 30/06/2025 (Net) 30/06/2024 (Net) Valeur brute
Contrats d’inscription des joueurs 132,5 129,8 204.0
Stade Groupama et terrain 271.2 286,8 423.2
Centres de formation et de jeunesse 21.4 23.3 43,3
Créances intergroupes (Botafogo) 109,6 0,0 124,2
Autres actifs (Créance CVC dans N-1) 161,9 234,4
Trésorerie et équivalents de trésorerie 62.1 129,5

 

Le Groupama Stadium demeure l’actif corporel le plus important du Groupe, représentant une valeur nette de 271,2 millions d’euros. Cependant, le Groupe utilise une méthode d’amortissement par composante, avec des durées d’amortissement allant de 25 à 50 ans. Cette longue période d’amortissement peut surestimer la valeur réelle de liquidation d’un actif spécialisé sur un marché en difficulté.

L’actif lié aux contrats des joueurs, d’une valeur de 132,5 millions d’euros, est soumis à une forte volatilité. Si la direction revendique une valeur marchande de l’effectif de 214,1 millions d’euros, ce chiffre repose sur des données externes issues de Transfermarkt et du CIES, qui ne tiennent pas compte de la décote que Lyon devrait probablement appliquer en cas de vente forcée. Le faible écart entre la valeur comptable et la valeur marchande (81,6 millions d’euros) limite la capacité du club à réaliser le mercato estival nécessaire pour combler son déficit de fonds propres.

La créance de Botafogo de 124,2 millions d’euros

L’élément le plus litigieux du bilan est la comptabilisation de 109,6 millions d’euros (nets) / 124,2 millions d’euros (nominaux) de créances auprès du SAF Botafogo, un club sœur sous le contrôle d’Eagle Football Holdings Bidco.

Le mécanisme de cette entrée en bourse a consisté en un « transfert de droits économiques » de quatre joueurs de Lyon à Botafogo. Ces droits économiques étaient évalués à 117,7 millions d’euros, auxquels s’ajoutaient 7,6 millions d’euros de frais annexes. Cette opération a permis à Lyon d’inscrire un important actif non courant à son bilan, renforçant ainsi artificiellement ses fonds propres en vue de la révision de la DNCG en juin 2025.

Cependant, des éléments de preuve suggèrent qu’il s’agit d’un « actif fantôme » :

  • Allégations contradictoires :Lors d’un litige en avril 2026, Botafogo a allégué que les fonds n’avaient jamais été transférés et que la transaction était une « forme sophistiquée d’ingénierie financière » conçue pour extraire de la valeur de l’entité brésilienne.
  • La note 10.1 indique qu’Eagle Football Holdings Bidco s’est engagée à reprendre la dette de 124,2 millions d’euros si Botafogo était dans l’incapacité de payer. Or, Bidco ayant été placée sous administration judiciaire en mars 2026 avec une dette estimée à 1,2 milliard de dollars, cette garantie est devenue sans valeur.
  • Risque d’altération :Aucune dépréciation n’a été comptabilisée sur cette créance au 30 juin 2025. Si une dépréciation standard avait été appliquée, la perte nette du Groupe aurait dépassé 300 millions d’euros et ses capitaux propres négatifs auraient avoisiné les 300 millions d’euros.

Analyse des passifs courants et du déficit de liquidités

La situation de trésorerie du Groupe est précaire. Son passif courant s’élève à 470,5 millions d’euros, tandis que son actif courant n’atteint que 258,7 millions d’euros, ce qui engendre un déficit de fonds de roulement de 211,8 millions d’euros.

L’analyse de la dette actuelle révèle un retard systématique dans les paiements aux créanciers opérationnels :

  • Dettes commerciales :Augmenté de 17,4 millions d’euros pour atteindre 70,4 millions d’euros.
  • Dettes fiscales et sociales :Ce montant a augmenté de 20,5 millions d’euros pour atteindre 73,6 millions d’euros, ce qui indique que le Groupe a reporté le paiement des charges sociales et des cotisations de sécurité sociale afin de préserver sa trésorerie.
  • Frais d’inscription des joueurs :La dette actuelle liée aux transferts de joueurs s’élève à 77,5 millions d’euros, soulignant le coût continu de la campagne de recrutement de 2024.

Analyse de la dette à long terme et des sources de financement

La structure de la dette du Groupe a été profondément transformée le 7 décembre 2023 grâce à un refinancement global de 385 millions d’euros de passifs existants. Cette opération a permis de consolider la dette liée au Groupama Stadium, les prêts garantis par l’État (PGE) contractés pendant la crise de la COVID-19 et diverses tranches privées au sein d’un nouveau financement à deux volets.

Structure FCT (Titrisation)

La pierre angulaire du refinancement est le « Fonds Commun de Titrisation » (FCT) de 320 millions d’euros, un fonds de titrisation de droit français dédié.

  • OL SASU a transféré ses créances commerciales futures du stade (billetterie, hospitalité, droits d’appellation) au FCT à titre de garantie.
  • La FCT a émis des titres destinés à des investisseurs institutionnels, principalement aux États-Unis, avec un échéancier d’amortissement sur 20 ans à un taux d’intérêt fixe de 5,83 %.
  • La FCT est soumise à un ratio de couverture du service de la dette (RCSD) de 1,375, calculé sur la base des données historiques (12 mois glissants) et prévisionnelles. Le non-respect de ce ratio autorise la FCT à saisir directement les revenus du stade, en contournant le contrôle opérationnel du Groupe.

dette senior et facilité de crédit renouvelable

Outre le FCT, le Groupe a obtenu une facilité de crédit senior de 65 millions d’euros (portée ultérieurement à 75 millions d’euros) auprès d’un syndicat de banques internationales.

  • Prêt à terme :32,5 millions d’euros (augmenté de 10 millions d’euros en juin 2024 pour atteindre 42,5 millions d’euros), arrivant à échéance en 2028 avec un remboursement unique.
  • RCF :Ligne de crédit renouvelable de 32,5 millions d’euros, utilisée à 100 % au 30 juin 2025.
  • Tarification :Ce prêt porte intérêt au taux Euribor majoré d’une marge, ce qui donne un taux effectif compris entre 6 % et 7 %.
  • Alliances :Sous réserve d’un ratio d’endettement (dette nette/fonds propres) de 4,0, qui devrait diminuer à 2,5 d’ici décembre 2026, le Groupe, dont les fonds propres sont actuellement négatifs, ne peut mathématiquement respecter cette clause sans une recapitalisation massive. Le 10 novembre 2025, le Groupe a obtenu de ses prêteurs une dérogation à l’échéance du 30 juin 2025, mais il s’agit d’un sursis temporaire.

Prêt d’Orange Bank (Groupama)

La construction des centres de formation et de jeunesse a été financée par un prêt de 14 millions d’euros de Groupama Banque (aujourd’hui Orange Bank), signé en juin 2015.

  • Statut:Au 30 juin 2025, le capital restant dû s’élève à 1,1 million d’euros.
  • Sécurité:Ce prêt est garanti par une hypothèque de premier rang sur le terrain du centre de formation et par le nantissement des créances relatives aux droits d’appellation de Groupama.

Dette des actionnaires et des parties liées

Le Groupe est fortement dépendant de la dette à coût élevé contractée auprès de sa société mère, Eagle Football Holdings Bidco.

  • Prêt de décembre 2022 :Un encours de 27,4 millions d’euros porte intérêt au taux SOFR (min. 2 %, max. 8 %) majoré de 8 %. Cela représente un taux effectif de 10 % à 16 %, nettement supérieur aux taux du marché pour une dette d’entreprise saine.
  • John Textor avance :Au 30 juin 2025, les avances sur compte courant de Textor s’élevaient à 17,5 millions d’euros, portant intérêt au taux Euribor 3M + 3,5 %. Elles ont été partiellement remboursées au cours de l’année grâce à des liquidités prélevées sur Botafogo.

Source et utilisation des capitaux et état des flux de trésorerie

L’état consolidé des flux de trésorerie pour 2024-2025 révèle une institution qui épuise ses liquidités disponibles pour financer un modèle opérationnel déficitaire.

1. Analyse des flux de trésorerie d’exploitation

La capacité d’autofinancement (CAF) avant impôt s’élevait à -183,2 millions d’euros, en forte baisse par rapport aux -100,3 millions d’euros enregistrés l’année précédente. Cela indique que même en réintégrant les charges non monétaires telles que l’amortissement, le Groupe accuse une perte annuelle de près de 200 millions d’euros sur ses activités principales.

Le flux de trésorerie net quasi nul lié à l’activité du Groupe (-4,3 millions d’euros) s’explique uniquement par une variation positive de 151,4 millions d’euros du besoin en fonds de roulement. L’analyse montre que cette amélioration est due aux facteurs suivants :

  • Recouvrement de 55,7 millions d’euros auprès des clients (y compris la créance CVC).
  • Augmentation des dettes envers les fournisseurs et les autorités fiscales et sociales de 95,8 millions d’euros. Il s’agit d’une source de financement forcée ; le Groupe se finance en réalité en ne réglant pas ses factures, gagnant ainsi du temps.

2. Flux de trésorerie liés aux investissements et aux transactions des joueurs

Le Groupe a dégagé un flux de trésorerie net positif de 36,2 millions d’euros grâce à ses activités d’investissement. Ce flux a constitué le principal moteur de liquidités de l’exercice.

  • Sources :103,8 millions d’euros en espèces provenant des ventes de joueurs (nets de créances) et 24,2 millions d’euros provenant de la liquidation d’autres actifs (OLF, Arena).
  • Utilisations :75,7 millions d’euros en paiements en espèces pour les acquisitions de joueurs et 14,3 millions d’euros pour d’autres actifs incorporels.

3. Financement des flux de trésorerie et service de la dette

Le Groupe a enregistré des flux de financement négatifs de 99,7 millions d’euros, reflétant le coût élevé de sa dette.

  • Intérêts versés :23,2 millions d’euros d’intérêts en espèces.
  • Remboursement de la dette :32,9 millions d’euros.
  • Flux interentreprises :Une sortie de trésorerie de 40 millions d’euros liée à des avances sur compte courant, probablement un transfert de fonds vers la société mère pour le service de la dette au niveau de Bidco.

Le Groupe a clôturé l’exercice avec 62,1 millions d’euros de trésorerie, contre 129,5 millions d’euros l’année précédente. Cette réserve de trésorerie s’est avérée insuffisante pour couvrir les 206 millions d’euros de dettes commerciales et fiscales à court terme, ce qui a nécessité des interventions d’urgence en juillet 2025.

Analyse des écarts dans les échanges et les transferts de joueurs

Le transfert de joueurs constitue une part importante du modèle économique d’EFG, mais en 2024-2025, il a été utilisé comme un instrument de communication financière agressive.

1. Activité de trading légitime et gains de profits et pertes

Le Groupe a généré 111,1 millions d’euros de recettes de cession, ce qui a permis de dégager un gain net en capital de 71,2 millions d’euros.

Joueur vendu Club de destination Valeur (M€)
Ryan Cherki Manchester City 31.4
Jake O’Brien Everton 14.2
Maxence Caqueret Comme en 1907 12.7
Saïd Benrahma Néom SC 11.1
Cadeau Orban Hoffenheim 9.3
Mamadou Sarr RC Strasbourg 8.9
Jeffinho SAF Botafogo 4.8
Mama Baldé Stade Brestois 4.2
Amin Sarr Hellas Vérone 3.2
Johann Lepenant FC Nantes 2.3

 

Note : La vente de Cherki était cruciale pour l’examen de DNCG, bien que des rapports ultérieurs aient indiqué que la valeur totale pourrait atteindre 36,5 millions d’euros plus des suppléments.

2. Le scandale des « transferts fantômes » et des droits économiques

Une part importante des actifs déclarés du Groupe et d’autres produits concerne le mouvement circulaire des droits des joueurs entre Lyon et Botafogo.

  • Accord d’octobre 2024 :Lyon a accepté de verser 120 millions d’euros sur quatre ans à Botafogo pour les droits économiques de cinq joueurs : Igor Jesus, Thiago Almada, Luis Henrique, Jair et Savarino.
  • Seul Thiago Almada a porté le maillot lyonnais, et ce, uniquement en prêt. Luis Henrique a été vendu par Botafogo au Zénith Saint-Pétersbourg pour 30 millions d’euros ; alors que cette somme était censée revenir à Lyon (qui détenait les droits), Botafogo l’aurait conservée.
  • Mécanisme de factorisation :Botafogo aurait transféré la créance de 120 millions d’euros de Lyon à des banques brésiliennes pour obtenir immédiatement un financement par affacturage d’environ 100 millions d’euros.
  • Résultat du litige :En avril 2026, Botafogo a intenté une action en justice contre Lyon pour un montant de 125,5 millions d’euros, arguant que ces contributions étaient en réalité des prêts jamais remboursés. Ceci contredit directement les comptes de Lyon pour l’exercice 2024/25, qui mentionnent Botafogo comme…débiteur.

VI. Relations entre propriétaires et administrateurs :

La gouvernance d’Eagle Football Group est passée d’un partenariat entre John Textor et Michele Kang à un conflit juridique ouvert impliquant des créanciers institutionnels.

Le 30 juin 2025, John Textor a démissionné de ses fonctions de président-directeur général d’EFG et a été remplacé par Michele Kang. Michael Gerlinger (anciennement du Bayern Munich) a été nommé directeur général.

  • Le tableau des ombres :Textor a par la suite affirmé que Kang avait conclu un accord secret parallèle avec Ares Management le 7 juillet 2025. Cet accord aurait créé un conseil d’administration parallèle de cinq personnes qui contournait la gouvernance officielle pour contrôler les budgets des joueurs et les embauches de dirigeants.
  • Intervention d’Arès :Juan Arciniegas, cadre d’Ares, a déclaré que cet accord parallèle était nécessaire en raison des graves difficultés financières du Groupe causées par la direction de Textor.

Le 28 janvier 2026, John Textor a officiellement notifié l’AMF (Autorité des marchés financiers) de ce qu’il a qualifié de prise de contrôle illégale d’une société cotée. Il a soutenu que le conseil d’administration fantôme avait enfreint les règles de transparence et privé les actionnaires minoritaires de leurs droits de vote. Cette instabilité de gouvernance a été citée par les commissaires aux comptes comme une des principales raisons du retard dans la finalisation des audits semestriels 2025/2026.

Événements postérieurs au bilan et analyse de recapitalisation

Les mois qui ont suivi la fermeture prévue le 30 juin 2025 ont été marqués par une série de manœuvres désespérées visant à maintenir le statut de « continuité d’exploitation » du Groupe.

Plan de sauvetage du 1er juillet 2025

Pour satisfaire aux exigences de la commission d’appel de la DNCG, le Groupe a obtenu un plan de stabilisation de 117,3 millions d’euros :

  • Prêt d’actionnaire :EFH Bidco a accordé un prêt de 87,3 millions d’euros à SOFR + 8 %.
  • Garantie bancaire :Michele Kang a fourni une garantie personnelle directe de 30 millions d’euros à OL SASU.
  • Effet:Cette décision a permis d’annuler avec succès la décision de relégation le 9 juillet 2025, permettant ainsi à Lyon de rester en Ligue 1 et en Ligue Europa.

2. L’administration d’Eagle Bidco en mars 2026

L’échec structurel du modèle Eagle a été finalisé le 27 mars 2026, lorsque Ares Management a placé Eagle Football Holdings Bidco Limited sous administration judiciaire.

  • EFH Bidco a fait défaut sur ses obligations « Série A, B et C », dont le montant avait atteint environ 1,2 milliard de dollars grâce à la capitalisation des intérêts en nature (PIK).
  • Administrateur:Cork Gully a pris le contrôle des actifs de Bidco, y compris la participation de 87,78 % dans EFG.
  • Impact sur Lyon :Bien qu’EFG ne soit pas en redressement judiciaire, le club est de facto à vendre. Les créanciers actuels, notamment Michele Kang et Ares, devraient surenchérir sur le rachat du club, ce qui pourrait anéantir la participation restante de Textor.

VIII. Accords actuels de participation et de contrôle

La structure actionnariale d’Eagle Football Group au 30 juin 2025 est très concentrée, conférant à l’actionnaire majoritaire un contrôle absolu sur les résolutions ordinaires et extraordinaires.

Actionnaire Capital social (%) Droits de vote théoriques (%)
Eagle Football Holdings Bidco 87,78% 95,37%
Holnest (Jean-Michel Aulas) 2,41% 2,77%
Treasury Shares (Autodétention) 6,90% 0,00%
Flotteur public / libre 2,91% 1,86%

 

L’écart entre le capital et les droits de vote d’EFH Bidco est dû à l’attribution de droits de vote doubles et à la conversion des instruments OSRANE en 2023.

1. L’accord des actionnaires de Holnest-Eagle

Les relations entre les anciens et les actuels propriétaires sont régies par un pacte signé le 19 décembre 2022 et modifié en mai 2023.

  • Obligations de rachat :EFH Bidco était tenu de racheter un tiers des actions restantes de Holnest (4,8 millions d’actions) à 3,00 € par action d’ici août 2023.
  • Option de vente :Holnest détient une option de vente lui permettant de céder sa participation restante de 2,41 % à Bidco à sa valeur marchande, 18 mois après la modification de mai 2023. Compte tenu de l’insolvabilité actuelle, la valeur de cette option est probablement négligeable.

2. Dispositions relatives au changement de contrôle

Les principaux accords de financement du Groupe (FCT, dette senior) contiennent une ou plusieurs clauses de changement de contrôle. Un défaut de paiement au niveau de Bidco, entraînant une prise de contrôle par Ares Management, déclencherait théoriquement l’exigibilité anticipée de la dette consolidée de 576 millions d’euros. Ce risque de défaut interdépendant est la principale raison pour laquelle les administrateurs, Cork Gully, ont souhaité maintenir Michele Kang à son poste de direction afin d’assurer la stabilité des clubs affiliés.

IX. Évaluation de la solvabilité

L’analyse du Document d’enregistrement universel 2024-2025 révèle une entreprise qui est passée de la détresse financière à l’effondrement structurel.

La solvabilité du Groupe repose sur la créance de 124,2 millions d’euros due par Botafogo. Or, les états financiers de Botafogo (qui font état d’une perte de 300 millions de reais en 2024) et son interdiction de transfert imposée par la FIFA en 2025 indiquent qu’il est incapable de rembourser Lyon. En omettant de déprécier cette créance, la direction a potentiellement surévalué l’actif net du Groupe de plus de 120 millions d’euros.

Le piège de la dette inhérent au modèle Eagle est mis en évidence par les taux d’intérêt sur la dette des actionnaires (SOFR + 8 %). Avec une perte d’exploitation de 150 millions d’euros et des charges d’intérêts capitalisées plutôt que payées en numéraire (PIK), la dette du Groupe croît plus rapidement que la valeur de ses actifs (joueurs et stade).

Eagle Football Group est actuellement en difficulté financière et bénéficie d’un moratoire accordé par l’administration de sa maison mère. Tout porte à croire que l’entité devra procéder à une conversion intégrale de sa dette en actions, probablement menée par Ares Management et Michele Kang. Cette opération entraînera le départ officiel de John Textor et la dissolution de la marque Eagle Football au profit d’un modèle de gouvernance autonome centré sur Lyon.

La pérennité du club repose désormais sur sa capacité à réduire drastiquement sa masse salariale de 177 millions d’euros tout en maintenant sa place dans les lucratives compétitions de l’UEFA, un équilibre qui n’a été atteint au cours d’aucun des trois derniers exercices.

Notes complémentaires sur l’insolvabilité d’Eagle Football Holdings Bidco :

L’effondrement de la structure multiclubs d’Eagle Football a été finalisé le 27 mars 2026, avec la mise en place deEagle Football Holdings Bidco Limiteden redressement judiciaire. Cet événement, conjugué à la procédure judiciaire sans précédent de 125 millions d’euros engagée par le SAF Botafogo contre son club affilié, l’Olympique Lyonnais, représente la phase finale de l’ingénierie financière du conglomérat.

La mise sous administration judiciaire d’Eagle Football Holdings Bidco Limited (la société holding intermédiaire basée au Royaume-Uni) a été déclenchée par Ares Capital Corporation suite à des manquements financiers et techniques répétés.

Mécanisme de dette et de PIK

La mise sous administration judiciaire était la conséquence d’un piège de la dette créé par le recours à des titres mezzanine à coût élevé. En mars 2026, la dette garantie totale gérée par Ares avait explosé pour atteindre environ1,2 milliard de dollars.

  • Notes sur les séries A et B :D’un montant initial d’environ 547 millions de dollars, ces prêts portaient des taux d’intérêt annuels de 16 % à 18 %.
  • Notes sur les séries C et D :Émises en juillet et octobre 2025 pour financer les besoins de liquidités d’urgence de Lyon, ces obligations affichaient des taux d’intérêt allant jusqu’à 22 %.
  • Le piège PIK :Ces instruments utilisaient un paiement en nature (PIK).)Ce mécanisme prévoyait que les intérêts ne soient pas payés en espèces mais ajoutés au capital. Cela garantissait que le poids de la dette dépasserait la croissance des revenus d’exploitation et l’appréciation des clubs de football.

Le processus administratif (Cork Gully)

Stephen et Anthony Cork deCork Gully LLPont été nommés administrateurs conjoints le 27 mars 2026.

  • Statut des filiales :Pendant la mise sous administration judiciaire de Bidco, ses filiales, Eagle Football Group (Lyon), SAF Botafogo et RWDM Brussels, sontpasIls sont en redressement judiciaire. Sur le plan sportif, leurs activités se poursuivent normalement, mais leur situation financière est désormais soumise à la procédure d’insolvabilité.
  • Objectif:La mission principale des administrateurs est de sauver Bidco en tant qu’entreprise en activité ou, à défaut, de réaliser ses actifs (les parts du club) au profit des créanciers.
  • Suppression du contrôle :John Textor a été démis de tous ses pouvoirs opérationnels au sein de la société holding. Ares a utilisé une sûreté flottante qualifiée pour nommer des administrateurs judiciaires à l’amiable, empêchant ainsi Textor de contester le défaut de paiement.

Affirmation de Botafogo :

Le 4 avril 2026, la SAF Botafogo a engagé une procédure judiciaire contre l’Olympique Lyonnais (Eagle Football Group) afin d’obtenir réparation.125,5 millions d’euros(environ 745 millions de reais). Cette affirmation révèle un système de transfert de liquidités à sens unique, où des actifs brésiliens ont été systématiquement extraits pour soutenir le fleuron français.

Flings suggère que la revendication comprend les éléments suivants :

  • Prêts intragroupes (25 millions d’euros) :Fonds fournis par Botafogo à Lyon fin 2022 pour éviter l’insolvabilité technique de ce dernier lors du rachat initial.
  • Investissements détournés (110 millions de R$) :Une partie de l’investissement obligatoire de 400 millions de reais de Textor, destiné aux opérations de Botafogo, a été transférée à Lyon pour couvrir les déficits imposés par la DNCG.
  • Dette interentreprises de RWDM (12 millions d’euros) :Soldes impayés dus par Lyon à sa filiale belge, que Botafogo cherche à recouvrer dans le cadre d’une réclamation globale.

L’élément le plus litigieux concerne les transferts de Luis Henrique et d’Igor Jesus en 2024.

  • Mécanisme:Botafogo a annoncé la vente de ces joueurs à Lyon en juillet 2024 afin d’améliorer le bilan de Lyon à des fins réglementaires.
  • Divergence:Ces joueurs n’ont jamais été officiellement enregistrés auprès de la Ligue de football professionnelle (LFP). Luis Henrique a été vendu au Zénith Saint-Pétersbourg et Igor Jesus à Nottingham Forest.
  • Scandale de l’affacturage :Botafogo affirme avoir cédé les droits économiques de ces joueurs à Lyon pour 120 millions d’euros, payables sur quatre ans. Botafogo aurait ensuite cédé cette créance lyonnaise à des prêteurs externes (par exemple, PRPF LLC) afin d’obtenir des liquidités immédiates (affacturage). Suite au défaut de paiement de Lyon sur les premiers versements, la dette interne s’est transformée en un endettement externe considérable.

Impact systémique sur les parties prenantes

John Textor :Il a perdu le contrôle de la caisse centrale. Il reste à la tête de Botafogo uniquement parce qu’un tribunal brésilien a gelé la participation d’Eagle dans cette entreprise, empêchant ainsi les administrateurs britanniques de saisir immédiatement l’actif. Il dénonce une prise de pouvoir clandestine orchestrée par ses associés et créanciers.

Michele Kang :Il continue de diriger Lyon grâce à un accord parallèle conclu avec Ares en juillet 2025. Cet accord a instauré une instance dirigeante parallèle qui, en court-circuitant la gouvernance officielle, contrôle les budgets des joueurs. Kang se positionne désormais comme un candidat sérieux au rachat de Lyon auprès des administrateurs judiciaires.

ArèsAres détient une sûreté de premier rang sur toutes les créances interentreprises. Cela signifie que tout flux de trésorerie transféré des clubs vers la holding est automatiquement affecté au service de la dette d’Ares. Ares est protégée par une « lettre d’accord » qui empêche toute vente de Lyon avant le 30 juin 2026 et garantit le maintien de Kang à la tête de l’entreprise au moins jusqu’au 30 juin 2027.

Les clubs affiliés

  • Olympique Lyonnais:Tout en se maintenant en Ligue 1, le club est financièrement exsangue. La publication des comptes semestriels au 31 décembre 2025 a été reportée sine die en raison de la mise sous administration judiciaire de Bidco.
  • Botafogo :Le non-paiement des sommes dues par Lyon a entraîné une interdiction de transfert imposée par la FIFA fin 2025, Botafogo étant incapable de régler ses propres dettes envers des joueurs comme Thiago Almada. Les actifs du club font actuellement l’objet d’une mesure conservatoire à Rio de Janeiro afin d’empêcher toute nouvelle fuite de capitaux vers l’Europe.

La « solution globale » mentionnée dans les comptes 2024/25, selon laquelle Eagle Bidco reprendrait la dette de Botafogo, est désormais juridiquement impossible en raison de l’insolvabilité de Bidco.

L’Eagle Football Group est actuellement une entité totalement insoutenable, maintenue en vie par une procédure de redressement judiciaire au Royaume-Uni et un accord de gouvernance secret en France. La demande de 125 millions d’euros de Botafogo constitue une levée du voile corporatif au sein de cette procédure, suggérant que les transactions interclubs n’étaient pas des accords conclus à des conditions normales de marché, mais une forme d’extraction de capitaux non autorisée. L’issue probable sera la liquidation du modèle multiclubs, Lyon et Botafogo étant vendus à des groupes d’investisseurs distincts et autonomes afin de rembourser partiellement la dette garantie d’environ 1,2 milliard de dollars.

 

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